Nom : Shirase
Prénom : Azami
Age : 16 ans
Sexe Oui, merci. Euh! Pardon. Féminin.
Orientation Sexuelle : Hétérosexuelle
Histoire :Minazuki, mois de l'eau. Il fait très beau, très chaud. Les pluies se sont arrêtées la veille. Un instant de grâce dans toute cette humidité. Dans la roulotte, des chuchotements résonnent, se coulant dans l'air moite. Des voix de femmes, ou plutôt d'adolescentes, à cet âge où la médisance siffle et crache.
- ...et il paraît que Hidenori-sama l'a désapprouvée...
- ...oui, parce qu'on ne sait pas qui...
- ...de toute façon, je me suis toujours doutée que...
Un sifflement traverse l'air, et la fille a juste le temps de s'écarter avant que la balle remplie de son ne percute son visage à pleine vitesse. Elle n'est pas assez réactive pour éviter le second projectile, et ses yeux s'emplissent de larmes comme ceux de l'enfant qu'elle était encore il y a peu. Dans l'embrasure de la porte, la jeune femme aux yeux noirs a un sourire narquois.
- Tu as encore des choses à apprendre, Katsu-kohai.
Les larmes coulent maintenant sur les joues de Katsu. La nouvelle venue traverse la roulotte à grands pas, récupère ses deux balles et attrape le menton de la jeune fille sèchement. Autour d'elle, ses compagnes s'écartent, bel exemple de solidarité. Dans la troupe de jongleurs de Hidenori Tanaka, c'est chacun pour sa peau.
- Tu en seras quitte pour un bleu.
La jeune femme aux yeux noirs relâche sa pression, se redresse. Elle n'est sûrement pas jolie : ses cheveux aile de corbeau tombent sur ses épaules - preuve de négligence et de manque de soin selon ces demoiselles -, elle est petite, maigre, à part une taille légèrement épaissie par ce qui a déclenché la médisance des plus jeunes. Ses yeux noirs sont sans doute ce qu'elle a de mieux, mais la manière dont elle toise les jeunes filles - un mélange de mépris et de dégoût - n'invite pas à les apprécier. Pourtant quand elle danse ou qu'elle jongle, c'est elle la plus belle, la plus douée de la troupe.
- Maintenant écoutez-moi bien. Je suis Maiko Shirase. Je me fous de votre avis. Je me fous de l'avis de Hidenori Tanaka. Je me foutrais même de l'avis de Inari-sama lui-même s'il m'en donnait l'occasion.
Devant le blasphème, Katsu et ses compagnes se recroquevillent encore plus, s'il est possible.
- Et je n'espère qu'une chose.
Il est des situations où le silence est palpable.
- Que, si j'ai une fille, elle soit à mille lieues de tout ce que vous êtes.
Assise par terre, Azami se pose des questions. Pas que ça lui arrive souvent, mais là, ça demande réflexion.
- Aza-chan! Qu'est-ce que tu fais par terre?
Mama - mais les autres l'appellent Maiko ou Mai-chan, va comprendre pourquoi quand tu n'as que sept ans - s'approche à grands pas. Mama est belle avec ses longs cheveux noirs : ils volent autour d'elle quand elle danse, et lorsqu'elle se penche vers Azami pour lui dire bonsoir, c'est comme si les kimonos de soie que les danseuses mettent pour les représentations lui caressaient le visage. Elle dit qu'un jour, Aza aura les mêmes cheveux qu'elle, mais ce n'est pas possible d'avoir des cheveux aussi beaux que ceux de Mama. Même ceux de Katsu-san, qui met pourtant des onguents plusieurs fois par semaine - mais ça, Aza n'est pas censée le savoir, parce que selon Mama, Katsu-san est aussi malfaisante qu'un bakeneko, et aussi gracieuse - ne sont pas aussi beaux.
- Mama...
- Oui, ma chérie?
- Pourquoi je suis piquante?
Les yeux noir d'encre s'agrandissent. Les yeux de Mama aussi, Azami les adore. Mais elle n'aura jamais, jamais les mêmes. Les siens sont d'un brun très clair, presque rougeâtre. Elle ne sait pas trop encore si elle aime leur couleur. Personne parmi les enfants de la troupe n'a la même, c'est sûr. Il paraît que c'est celle des yeux de son père. Mais la dernière personne qui s'est risquée à parler de ça s'est pris une taloche de la part de Mama. Tiens, justement, c'était Katsu-san... et puis sa joue est restée rouge pendant trois jours après ça. Alors il vaut peut-être mieux éviter d'en parler.
Sa mère la soulève dans ses bras et Aza sent le parfum de ses cheveux.
- Je ne sais pas, Aza-chan. Pourquoi tu dis ça?
- Parce que! Les autres filles, elles ont toutes des noms de fleur qui sentent bon. Elles sont douces. Yuri, Sakura, Misaki... Pourquoi je suis la seule à m'appeler Azami? C'est vrai, c'est pas beau, un chardon, elles le disent toutes. Et puis je sais même pas si ça existe, une fleur de chardon. Je sais même pas si ça fleurit...
Maiko Shirase regarde longuement sa fille et soupire. Elle aurait dû se douter qu'Azami, ce n'était pas vraiment un prénom facile à porter. "Lys", "Fleur de cerisier", "Belle fleur d'arbre"... Le pire c'est que ça ne veut rien dire, parce que la petite Misaki, avec son nez trop grand, a toutes les chances d'être laide comme un pou, et la petite Yuri a beau s'appeler "Lys", ça ne l'empêche pas de puer - trouve le moyen de faire autrement quand tu ne te laves pas tous les jours? Alors, s'appeler "Fleur de chardon"...
- Mama?
Maiko se penche et arrache une fleur. Une fleur violette, tout hérissée. D'un violet profond.
- Tu vois, Aza-chan? C'est ça, une fleur de chardon. Peu importe ce qui lui arrive, le chardon fleurit toujours. Même quand il a gelé l'hiver précédent. Comme toi. Tu es née pendant le mois du gel, mais pourtant tu as fleuri. Et tout le monde n'est pas d'accord avec toi, mais tu arriveras quand même à faire ce que tu veux.
- Comme la fleur de chardon?
- Comme la fleur de chardon.
Satisfaite, Azami se tortille pour se libérer des bras de sa mère. Elle est souple. Elle fait déjà le grand écart. Elle saura bientôt jongler. Elle n'est pas très forte, mais elle a le sens de l'équilibre. Elle sera une artiste accomplie, digne de la réputation de Maiko Shirase.
- Aza-chan!
Déjà à cinquante mètres, la petite fille se retourne.
- Si Misaki te demande pourquoi tu es piquante, demande-lui pourquoi elle ne s'est pas déjà fait casser le nez.
Une balle. Deux balles. Trois balles. Fixer son regard sur autre chose. Faire comme si c'était facile. Oublier le mouvement des mains, le ranger dans un coin de sa tête, bien au chaud. Azami se concentre l'espace de cinq secondes, et elle commence à enchaîner les pas. Parce qu'un petit spectacle de jonglerie, ça va bien deux minutes, mais une fille qui se lance des balles à elle-même sans rien faire pour distraire l'oeil, on a déjà connu mieux. Nettement mieux.
Quatre balles. L'enchaînement devient plus difficile.
- Tu ralentis!
Les cheveux lui tombant sur les épaules, Maiko Shirase surveille l'entraînement de sa fille. Sa bouche a ce pli sévère qu'Azami n'aime pas, mais dont elle a pris l'habitude. Elle a treize ans. Et elle remarque seulement que les tempes de sa mère commencent à se veiner de gris. Elle n'est plus si jeune, et le corps des artistes semble vieillir plus vite que celui des autres.
La première balle manque de percuter son visage de plein fouet, mais celle-là n'a aucune importance. Ce qui en a, c'est la seconde qui arrive de l'autre côté. Azami se baisse souplement, évite les balles que Maiko lui lance sans cesse. La femme aux yeux noirs d'encre a un poignet de fer. Elle vit sur ses muscles et sa force. Aza, elle, est plus fine, plus laxe. Plus gracieuse.
Une balle mieux lancée que les autres percute la pique de bois que la jongleuse porte dans les cheveux. Le rideau couleur d'encre se répand, coule sur les épaules d'Azami sans la déconcentrer.
Une quinte de toux plie Maiko en deux. La jeune fille pose ses balles, marche calmement vers la plus âgée. Azami est calme. Avec, cachée au fond, quelque part, cette froideur rageuse que sa mère manifeste si souvent. Ladite mère, le souffle coupé, prend une longue inspiration. S'appuyant sur l'épaule de sa fille, elle reprend le chemin du campement.
Dans leurs dos se balancent le rideau de soie noire et brillante d'Azami, mêlé à la chevelure filasse et grisonnante de Maiko.
Le loquet de la lourde malle saute enfin sous l'action des doigts tremblants. Les mains fines, blanchies par les pâtes et les onguents, se glissent sous la toile posée sur le dessus en manière de protection. Celle-ci tombe rapidement sur le côté, chassée par des mains nerveuses, dévoilant le contenu du coffre. Kimonos de soie aux riches couleurs, écharpes si fines qu'on voit le jour à travers,tuniques aux dessins complexes et raffinés : tous les costumes de scène de Maiko Shirase, première danseuse de la troupe de Hidenori Tanaka, sont là. Exposés aux mains avides de Katsu Yamazaki.
- Tu es rapide.
Katsu se retourne, s'écartant instinctivement du coffre. Le premier kunaï cloue son écharpe au mur. Le second, sa manche gauche. Le troisième, sa manche droite. Elle sent le froid du métal contre sa peau. Elle ne peut plus parler, sa gorge est comprimée par le tissu.
- Elle a été enterrée ce matin, et tu fouilles déjà ses coffres... Tu es exactement ce qu'elle disait. Une perdante.
Les yeux étranges d'Azami Shirase sont aussi impénétrables que ceux de sa mère reflétaient ses sentiments. Les cheveux tirés en un chignon serré, la main encore posée sur son obi d'où elle a sorti les kunaï - ultime présent de Maiko - elle se retourne. Sursaute.
- Bien visé, mais c'est idiot.
Elle n'a pas entendu l'homme pousser la porte de la roulotte, et pourtant il est là. Un sourire à la fois appréciateur et moqueur aux lèvres.
- Je me moque des conséquences. Je m'en vais.
- Pourquoi?
- Pour changer.
L'homme rit. Cette fille lui plaît.
- Si je te dis Tsume?
- Je ne sais pas.
- Si je te dis ninja, est-ce que tu voudras savoir?
Azami regarde ses mains. Regarde le visage de l'homme. Regarde autour d'elle. Réfléchit.
Et puis elle pêche deux tenues de scène dans la malle restée ouverte. Attrape son sac.
- Oui, je voudrai.
Portrait psychologique du personnage :Le calme est le trait de caractère dominant d'Azami. Toujours polie, aimable, réfléchie, elle fait penser à la surface d'un lac : tranquille, elle peut paraître inoffensive au premier abord. C'est une amie sympathique et loyale, et elle ne manque pas d'intelligence. Enfin, elle est tenace.
Cependant, cette ténacité a un revers. Habituée à se frayer un chemin dans un univers pas toujours solidaire, Azami est extrêmement rancunière et se révèle une vraie tête de mule : lorsqu'elle a une idée, il est pratiquement impossible de l'en faire changer, et si elle veut vraiment quelque chose, elle l'obtiendra. Quel qu'en soit le prix.
Aptitudes :Jongleuse et danseuse de formation, Azami est agile, souple et bien entraînée. La précision est son point fort, et elle est endurante. Cependant, elle manque de force : elle ne peut donc pas manier des armes trop lourdes avec adresse, ni transporter des objets lourds, et une fois immobilisée efficacement elle est extrêmement vulnérable.
Elle est aussi posée et méticuleuse, ce qui la sert dans des disciplines nécessitant ces qualités. Elle lit et écrit un peu, mais sans plus. Enfin, elle coud bien, ayant l'habitude de confectionner ses tenues de scène. Par contre, c'est une vraie tache en cuisine : ça ne l'intéresse pas, elle n'a jamais vraiment appris, et ses compétences se limitent donc au riz gluant, qui a le mérite de ne pas devoir être surveillé trop attentivement.
Description physique:A première vue, on ne peut pas qualifier Azami de vraiment attirante. Plutôt petite, très mince, elle a une musculature sèche et nerveuse, ce qui l'empêche d'avoir des formes très féminines. De plus, depuis son départ de la troupe de jongleurs dont elle faisait partie, elle s'habille simplement, et toujours de couleurs neutres : noir, blanc ou sable. Ses cheveux d'un noir d'encre, qu'elle garde longs, sont toujours ramenés en un chignon retenu par une pique de bois : elle en prend grand soin et ils sont toujours bien entretenus, car c'est à la fois son attribut le plus féminin et sa plus grande ressemblance avec sa mère. Son visage, toujours dégagé, est joli, sans plus. Sa plus grande particularité réside probablement dans ses yeux. D'un brun très clair, presque rougeâtres, ils intriguent souvent ceux qui la rencontrent pour la première fois.
Non, Azami n'est pas jolie. Mais lorsqu'elle réenfile l'un de ses costumes de scène aux couleurs vives, qu'elle danse ou qu'elle sourit, c'est presque comme si elle était belle.
Possessions/Armement habituel :Azami a conservé ses balles de jonglage : elle en possède dix, remplies de son. Projetées avec précision, elles peuvent faire diversion, mais ce n'est pas suffisant pour se défendre. Aussi sa mère, en mourant, lui a-t-elle légué six kunaï. Il lui en reste trois, et c'est son arme de prédilection.
Dans un autre ordre d'idée, elle tient comme à la prunelle de ses yeux aux deux costumes de scène qu'elle a pu emporter avant de quitter la troupe.
Un truc à dire sur le forum ? Défi personnel. J'ai pas joué de personnage pouvant éventuellement se bastonner depuis un bon bout de temps...ça risque d'être drôle.
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